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Noé maudissant Cham ou La colère de Noé

Restauration du tableau par l'atelier des Carmes.

Marguerite Szyc - Zielinski

Février 2009

>>> Voir le film (23mn)Film sur la restauration du tableau.

Historique de la pose du tableau dans l'Abbatiale.

Récit de Maurice Franche, vice-président de l'Association Saint Ferréol

Voici, telle que je viens de la retrouver dans les archives familiales, l'histoire du grand tableau se trouvant dans l'église abbatiale d'Essômes, au dessus du confessionnal :
Ce tableau se trouvait à Paris, dans un hôtel particulier appartenant à une des clientes de l'entreprise de "Couverture/Plomberie"de mon grand père Henri Franche, Madame CORNILLE.
L'entrée principale de l'hôtel était située 68, rue Rochechouart, dans le neuvième arrondissement, un jardin l'entourant était mitoyen dans le fond avec l'immeuble où se trouve encore aujourd'hui l'entreprise toujours familiale, 69, rue de Dunkerque, un accès sur la rue de Dunkerque portait le numéro 69bis.
La famille de Madame Cornille fabriquait des toiles pour les artistes peintres et, dans le fond du jardin, côté rue Pétrelle, il y avait un grand bâtiment, dont une partie est encore visible aujourd'hui derrière les immeubles, dans lequel on enduisait les toiles et où on les faisait sécher.
En 1930, Madame Cornille a vendu sa propriété à la Caisse Départementale des Assurances Sociales, (toujours à l'heure actuelle la Sécu au 69bis), l'hôtel devait être démoli pour construire des bureaux.
Le tableau était peint sur une toile marouflée en plafond (peint probablement par un client de la famille Cornille; peut-être une copie ??? le mystère demeure !), il représente, d'après ses propriétaires d'alors, NOE MAUDISSANT CHAM ; et nous tenons également d'eux le rappel historique qui l'accompagne; Histoire Sainte s'entend !!!
Madame Cornille proposa à mon grand père de récupérer le tableau s'il réussissait à décoller la toile.
Toute la famille s'est alors employée à inonder le plancher du dessus et... ... la toile s'est décollée.
Drôle d'histoire dont nous sommes trois générations à avoir entendu parler. et actuellement la quatrième et même la cinquième ! Mais de la suite également :
Apportée à Essômes, la toile, par la même équipe accompagnée de l'abbé Coquizart curé en titre, fut recollée à la "dextrine" sur un panneau en frises de parquet. Une de mes tantes et l'abbé Coquizart, les deux personnes reconnues les plus expertes en peinture, ont nettoyé ensuite la toile et restauré les parties de l'oeuvre quelque peu abîmées.

Puis le tableau fut mis en place avec les précautions et les difficultés que l'on imagine dans l'église abbatiale On retrouve effectivement trace, beaucoup plus tard, d'une remarque désapprobatrice d'un représentant des "Beaux Arts" découvrant le nouveau tableau installé sans autorisation officielle; et un refus de l'abbé Coquizart de le décrocher tant il avait eu de mal à le mettre en place: "Décrochez le vous-mêmes si vous en êtes capable! ".
Noé, nous dit donc l'histoire sainte, après son retour à la vie sur la terre ferme, avait planté de la vigne et avait découvert qu'on pouvait en tirer une boisson agréable en pressant les raisins; il obtint bientôt un vin fort en alcool, en but, par ignorance s'entend, plus que de raison et... ...sombra dans l'ivresse. Son fils Cham, dit-on, se moqua de lui et lui manqua de respect durant son lourd sommeil; Noé l'apprit à son réveil (peut-être, mais la remarque est personnelle, n'aurait-il pas du sauver les corbeaux ?) D'où la colère puis la malédiction...
Il fut estimé, à l'époque de la proposition d'installation, que ce tableau pouvait avoir sa place dans un pays où les vignerons étaient déjà là, bien avant même l'invention du Champagne.

Qui sait si ce ne fut pas même l'argument qui emporta l'acceptation du curé Coquizart ?

IL y avait aussi, chez Madame Cornille, une banquette avec retable au dessus ; c'est ce retable qui a été installé également dans l'église.
Pour la " Petite Histoire " à présent :
L'abbé Coquizart, dès sa mise en place, baptisa le tableau : "La Colère de Noé après sa Cuite"
On prétend même que,les trois fils de Noé, Sem, Cham et Japhet ayant pris trois couleurs différentes après la colère de leur père, ont engendré les trois couleurs humaines de peau: noire, jaune et blanche; les mauvaises langues ajoutant même que l'expression "se noircir" ou "être noir", à propos de boissons alcoolisées, ne serait pas étrangère à la mésaventure...

Voici donc cet "historique" tel que je le connais. Si je suis absolument sûr de l'histoire de cette toile, en revanche, nous n'avons aucune preuve qu'il n'existe pas quelque part (ou qu'il ait existé) un original; ni même que cet original ait réellement voulu représenter Noé.
L'honnêteté m'oblige bien à reconnaître que nous n'avons eu, chez les Franche, que le témoignage de la Dame Cornille !!!

Maurice Franche

On peut lire aussi l'article de Didier Rykner consacré à cinq tableaux du XIXe siècle conservés dans des églises de Picardie... et surtout sa mise à jour du 28/07/2010 !

— Dernière modification le 20/07/2015 —


 

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